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Pérégrinations 2010 Pérégrinations 2009 Pérégrinations 2008
Lettre de Flaubert à George Sand.

« Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s'étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j'en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L'admirable, c'est qu'ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu'inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule, en leur donnant quelques sols. Et j'ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d'ordre.
C'est la haine qu'on porte au Bédouin, à l'Hérétique, au Philosophe, au Solitaire, au Poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. »

G. Flaubert, lettre à G. Sand, 12 juin 1867 (Correspondance, éd. de la Pléiade tome 5, pp. 653-654)

 

Neuvième édition des Pérégrinations dans les Montagnes du Jura du 14 au 17 octobre 2010

entre Coppet, Ferney-Voltaire, Saint-Claude et le Plateau du Lizon
Le site de notre partenaire : Forum européen de Coppet

Osez les Pérégrinations !
du 14 au 17 octobre, 4 jours sur les chemins en poésie
entre Coppet, Feney-Voltaire et la région de Saint-Claude
en compagnie de 10 auteurs.
ENSEMBLE, ré-enchantons le monde !
Il est encore possible de s'inscrire à cette belle utopie !

Programme détaillé Coppet, Ferney - Voltaire, Plateau du Lizon et Saint-Claude

Programme randonnées du samedi et dimanche en journée

Réservations/inscriptions (nécessaires pour les repas)

PAR TELEPHONE : 00 33 3 3 84 45 18 47

ou COURRIEL : marion@sautefrontiere.fr

Adresse postale : 17 grande rue Cinquétral 39200 Saint-Claude

Randonnées petit, moyen, bon marcheur samedi et dimanche : gratuit

Entrée libre au Musée de l'abbaye de Saint-Claude dimanche après-midi réservation nécessaire.

Rencontre-lecture Salle de l'Epinette samedi soir 21 heures (sans repas) Entrée libre

Soirées avec repas :

(salles communales de Pratz (vendredi) et Saint-Lupicin (samedi)

une soirée : 20 euros boisson comprise. Forfait 2 soirées : 35 €

Repas champêtre dimanche midi aux Pépinières d'altitude de Petit chatel : 12 €

Forfait 2 soirées + repas champêtre : 45 €

Repas gratuit pour les enfants jusqu'à 14 ans.

Soirée du samedi (Emmanuelle Pireyre) : Tarif préférentiel de 15 euros boisson comprise pour les enseignants, bibliothécaires, associations, parents des jeunes et adultes ayant participé aux ateliers d'écriture ou à la création sonore de janvier à mai 2010.


Pourquoi adhérer à Saute-frontière ?

 

Ou comment l'écriture nous transforme ?

Les Pérégrinations constituent le temps fort du projet 2010 «MUTATIONS » .
En résidence à la Maison de la poésie transjurassienne de janvier à mai 2010, Emmanuelle PIREYRE a partagé son écriture poétique avec les habitants de la région de Saint-Claude dans le cadre de chantiers d'écriture qui ont débouché sur la création collective d'une oeuvre visuelle et sonore.
En automne, à partir des empreintes laissées par Gustave Flaubert et Robert Walser, elle partage son questionnement avec les auteurs invités.

Jeudi 14 octobre : COPPET, de 14 h à 20 h
LE PEU ET LE PROVISOIRE
En partenariat avec le Forum européen de Coppet
Pour rendre compte de la dynamique du provisoire et de l'incertain, Doris JAKUBEC choisit l'écriture subversive et audacieuse de Robert WALSER en s'intéressant plus particulièrement aux deux dernier recueils parus aux Editions ZOE en 2010 : Au bureau poèmes de 1909 et Petite prose 1917.
Avec humour et petites touches acérées, Robert WALSER voit s’en aller, entre bellicisme et guerre déclarée, les valeurs et les mots aussi trompeurs que travestis. Entre un monde en déroute où l’action destructrice prévaut et la quête d’un monde où la langue pourrait sonner juste, voilà le long chemin sur lequel aujourd’hui nous entraîne Robert WALSER, entre poésie et prose, entre peu et rien.

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14h-17h : LECTURES-PROMENADES à pied à partir du port de Coppet avec deux comédiens : Emilie BOBILLOT et Baptiste COUSTENOBLE
à partir de 17h30 , dans les caves du château de Coppet
INTERMEDE VISUEL « Territoire du crayon », proses des Microgrammes (Editions Zoé 2003)
19h : CONFERENCE
Doris JAKUBEC interroge l'oeuvre de Robert WALSER dans le sens d'une dynamique du provisoire fondée sur l'humour et la dérision, au ras du silence. Cette journée s'inscrit dans le cycle des conférences 2010 du Forum européen de Coppet sur le thème des LIEUX D'INCERTITUDE entre ville et campagne sous l'égide du professeur Jean-Bernard RACINE (UNIL), géographe, spécialiste de l'espace social urbain et péri-urbain.

vendredi 15 octobre : FERNEY-VOLTAIRE, de 14 h à 17 h
DU VRAI COMME DU FAUX
En partenariat avec la Compagnie FOR
Emmanuelle PIREYRE, Jérémie GINDRE et Jean-Charles MASSERA déroulent le fil de Bouvard et Pécuchet, oeuvre de Gustave FLAUBERT restée inachevée. Ce fil est aussi celui de la grande ironie, celle d'un merveilleux romancier du XIXème siècle qui s'en prend aux idées reçues, aux stéréotypes qui tiennent lieu de pensée et d'intelligence.

CONFÉRENCES ET PERFORMANCES avec :
Emmanuelle PIREYRE :
« Une tendresse particulière pour Bouvard et Pécuchet »
Jérémie GINDRE« Vous allez voir un résultat pas banal »
Jean-Charles MASSERA «  I Am, You Are, We Are L’Europe, Dialogue avec Me, Myself and Itunes d’après We Are L’Europe »(Verticales, 2009)

 

Du vendredi soir au dimanche, SAINT-CLAUDE et le PLATEAU DU LIZON accueillent les Pérégrinations sur les chemins en poésie.
Les auteurs invités concilient le dessin, la sculpture, la danse, la vidéo. Leur travail d'écriture doit autant à l'art contemporain qu'à la littérature. Se revendiquant de WALSER comme de FLAUBERT, travaillant à partir de matériaux documentaires qu'ils détournent : analyses économiques, études statistiques et pseudo-scientifiques, articles de journaux, listes, rapports journaliers, catalogues, vocabulaire technique etc... chacun d'eux se réapproprie le monde à sa façon.

 

Vendredi 15 octobre salle communale PRATZ, à partir de 19h30
(10 km de Saint-Claude)
ARTISTES TOUS FARCEURS

REPAS ET PERFORMANCES :
Julia SØRENSEN
« Irrésolution des circonstances»
Sabine MACHER
« Rencontre d'un morceau d'espace et d'un segment de temps »
Lectures-Repas sur inscription

Samedi 16 octobre PRATZ, de 9 h à 17 h
CHEMINS EN POESIE

Départ à 9h de CHAMPIED, hameau de PRATZ pour un retour entre 16h et 17h. Quatre itinéraires au choix, de petits à bons marcheurs.
Cheminement à pied, par petits groupes, au travers de points de vue et points d'écoute singuliers apportés par le paysage du PLATEAU DU LIZON et les auteurs : Jérémie GINDRE, Julia SØRENSEN, Sabine MACHER, Isabelle PINÇON. Deux haltes permettent aux randonneurs d'écouter deux lectures dans un lieu remarquable : site éco-environnemental de Tré-La- Roche, chapelle Saint-Romain du XIIIe siècle, ancienne carrière de calcaire marbrier, atelier du peintre Dominique MAYET.

Samedi, salle de l'Epinette, SAINT LUPICIN, à 21h
SOIRÉE ECHELLE 1/1

Vidéo-conférence de Emmanuelle PIREYRE « Lynx» suivie d'une performance de Olivier BOSSON et Benjamin SEROR « Il y a tigre et tigre » , motifs et pratique d'une théorie de l'Echelle 1.
Repas à 19h30 sur inscription

 

Dimanche 17 octobre, PRATZ, hameau de Petit Chatel à partir de 10 h
ECO-ENVIRONNEMENT et POESIE

Pépiniéristes, agriculteurs bio, habitants de maison d'hôtes et de résidence secondaire accueillent les pérégrins et les auteurs : Jérémie GINDRE, Julia SØRENSEN, Sabine MACHER, Fabienne SWIATLY pour les lectures du chantier de l'été : « Mutations et Utopie »  ainsi que du « MANIFESTE du droit à être dans la lune » (Hors série de la revue Dans la lune, centre de créations pour l'enfance de Tinqueux).
Repas à 13 h sur inscription

Dimanche , Musée de l'Abbaye, SAINT-CLAUDE à 15h
SPECTACLE VOCAL

Dans ce lieu de mutations que souligne le projet architectural, le texte d' Isabelle PINÇON« Te dire que je ne me marie plus » entre en résonance avec les profondeurs du sous-sol du musée d'art et d'archéologie et la collection permanente Guy BARDONE et René GENIS, peintres de la réalité poétique. Avec le poète, le lieu devient le réceptacle du crépitement de nos vies, de nos éclats de voix , éclats de rire, éclats de coeur.
A partir des paroles du poète égrainées à voix haute, Christine BERTOCCHI (chanteuse) ponctue de séquences vocales bariolées le tranchant du texte dans un va et vient entre dehors et dedans, détachement et intériorité.

 

Lectures et balades en journée sont GRATUITES :
Inscription préalable en ligne.
Inscription préalable format pdf à renvoyer par voie postale.

 

Les auteurs et artistes invités de la neuvième édition

EMMANUELLE PIREYRE

Emmanuelle PIREYRE accumule les sources diverses, extraits de livres et d’articles, images vidéos, souvenirs de films, et archives téléchargées et s’attache à en jouer pour produire du sens à partir de cette profusion. D’où une tendresse particulière pour Bouvard et Pécuchet, leur tentation encyclopédique, et les diverses difficultés et catastrophes émaillant leur chemin d'autodidactes. Elle lira et commentera quelques extraits de ce livre de FLAUBERT ainsi que des extraits de sa Correspondance. Elle présentera sa création de résidence sous forme de conférence performance Lynx construite autour d 'une « vidéo de montagne » réalisée cet hiver dans le Haut-Jura avec l'aide d'Olivier BOSSON.
bio-bibliographie
OLIVIER BOSSON et BENJAMIN SEROR

 

Olivier BOSSON et Benjamin SEROR pratiquent la vidéo sur scène, mais aussi racontent les histoires, composent des chansons et utilisent le déguisement animalier sur quelques grands traits de l’état du monde, ainsi que sur ses micro-détails (design du pouf, héritage familial, vocabulaire des préfectures et de la boulangerie contemporaine). Ils ont par ailleurs mis au point la théorie de l’Echelle 1/1, idée pratique car elle s’applique à nombre d’objets usuels, et particulièrement bien au dispositif scénique de leur conférence qui tient alors plus de l’écran d’ordinateur avec toutes ses icônes à activer que de la scène de théâtre.
bio-bibliographie

JEAN-CHARLES MASSERA

Alerte et corrosive, la plume de Jean-Charles MASSERA fourrage dans le prêt à penser, dynamite les langues stéréotypées en libérant le corps des gangues de la raison. «  We Are l’Europe vieconstat : l’imaginaire collectif de la petite bourgeoisie blanche occidentale, son rayonnement, ses certitudes, ses représentations d’elle-même, tout part en couilles. Vu la tournure que ça prenait, c’est plutôt une bonne chose… »
Jean-Charles Massera démonte les nouveaux dispositifs idéologiques et comportementaux pour en extraire des portraits d’une profonde humanité.
Bio-bibliographie
Pièces sonores

JEREMIE GINDRE

Dans une forme narrative empruntée au roman-photo, Jérémie GINDRE saisit le monde naturel par le prisme de la géologie, l'archéologie, la cartographie. Conférence documentaire, vidéo, lecture, écriture, dessin, sculpture autant de modes pour sa construction du récit.
Bio-bibliographie

SABINE MACHER

Avec une prédilection pour l'observation, Sabine MACHER interroge le vrai du faux et le faux du vrai. Si la danse soutient son écriture, le corps des mots stimule son regard. Danse, photographie, écriture, tout est lié dans ses interventions en intérieur comme en extérieur.
Bio-bibliographie

JULIA SØRENSEN

Poursuivant un travail d'écriture appliqué à d'autres supports que le livre, Julia SØRENSEN capte dans le quotidien tous les mouvements inapparents et inaudibles qu'elle détourne dans des installations-performance imaginées avec les personnes du lieu où elle inter-agit, tel les convives du repas. Séjournant depuis un an à Madagascar, c'est avec la lecture fragmentaire de son journal, Cocon fort, notations intimistes et malicieuses, qu'elle côtoiera les pérégrins sur les chemins .
Bio-bibliographie
ISABELLE PINÇON et CHISTINE BERTOCCHI
Isabelle PINÇON fait feu du bois de sa vie amoureuse pour s'accoupler avec les mots et leur donner forme humaine. Faire que l'autre vienne jusqu'à elle dans la reconnaissance ou la disparité des voix, dans le combat ou la paix de l'esprit. Croire qu'il suffit d'une phrase pour que le temps disparaisse derrière une meule de foin qui sent le soleil à pleine bouche.
Bio-bibliographie
Chanteuse, Christine BERTOCCHI développe des projets pluridisciplinaires (concerts spectacles, expos sonores et visuelles, installations) en Bourgogne et au-delà, mêlant la parole au chant, l’improvisation à l’écriture contemporaine dont le duo avec l’auteur Isabelle Pinçon.
bio-bibliographie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Pérégrinations 2009
Programme détaillé à imprimer  

Huitième édition des Pérégrinations dans les montagnes du Jura
Jusqu'où la ville
De Coppet (Suisse) à Saint-Claude (France), du 15 au 18 octobre 2009

Du 15 au 18 octobre, Les Pérégrinations dans les montagnes du Jura, entre France et Suisse, invitent auteurs, lecteurs et promeneurs à se rencontrer autour de lectures et partager l'hospitalité des lieux.
Les Pérégrinations constituent le temps fort du projet 2009 « Jusqu'où la ville » proposé par l'auteure en résidence FABIENNE SWIATLY, questionnement partagé tout au long de l'hiver entre l'écrivain et les habitants de Saint-Claude, Val de Bienne, lors d'ateliers d'écriture.

 



Jeudi 15 octobre : Coppet
Entre ville, campagnes et friches

En après-midi et soirée :
Comme échos à la question « Jusqu'où la ville ?», les traversées poétiques au pied du Jura, fruit d'une coopération de plusieurs années avec le Forum européen de Coppet (Suisse) et DORIS JAKUBEC, interrogent les limites entre ville, campagnes et friches, en partant de l'oeuvre littéraire de l'écrivain valaisan JEAN-MARC LOVAY.
Lectures-promenades, intermède sonore et visuel, conférence ponctuent cette journée qui s'achèvera par un buffet offert par le Forum européen de Coppet, partenaire pour la quatrième année des Pérégrinations.

 

Doris Jakubec
Jean-Marc Lovay
Photo : Yvonne Böhler

Vendredi 16 octobre : Divonne-les-Bains
Des lieux et des liens

Après-midi :
Esplanade du lac de Divonne-les-Bains
Avec le concours de lycéens du pays gessien, la plasticienne VIRGINIE DELANNOY présente une installation artistique, « De la carte au lieu ». Les auteurs invités de cette huitième édition : MATTHIAS ZSCHOKKE (Berlin), JEROME MEIZOZ (Lausanne), ALBERTO NESSI (Tessin), FABIENNE SWIATLY (Lyon) et PHILIPPE VASSET (Paris) réagissent à cette installation dans un dialogue avec le public. DORIS JAKUBEC est la modératrice de cet échange.

 

Alberto Nessi
Photo P.Pache
Jérôme Meizoz
Photo : Yvonne Böhler

Matthias Zschokke
Photo : Yvonne Böhler

Françoise Monneret

Vendredi 16 octobre : Saint-Claude (Cinquétral)
Espaces d'incertitude

Soirée :
Regards croisés sur Berlin et l'Allemagne.
Rencontre-lecture avec :
FABIENNE SWIATLY, Une femme allemande
(Editions La Fosse aux ours 2008)
MATTHIAS ZSCHOKKE, Maurice à la poule
(Editions Zoé 2009, traduction de Patricia Zurcher). Lecture bilingue (français-allemand) avec MURIEL RACINE, comédienne
FRANÇOISE MONNERET, Intimité en temps de guerre (texte inédit).

 


Philippe Vasset

Samedi 17 octobre : Saint-Claude (Chaumont et Cinquétral)
Points d'écoute et points de vue sur la ville

Journée :
Chemins en poésie sur les crêtes pour saisir la ville de loin au travers de points de vue singuliers apportés par le paysage et les auteurs.
Chaque groupe est constitué d'environ 25 personnes. Deux haltes-lectures sur chacun des quatre itinéraires de petits à bons marcheurs permettent aux randonneurs de rencontrer deux auteurs dans la journée. (Lectures prévues en intérieur en cas de mauvais temps)
Itinéraires par Chaumont : ALBERTO NESSI et JERÔME MEIZOZ
Itinéraires par Cinquétral : MATTHIAS ZSCHOKKE et PHILIPPE VASSET

 


Fabienne Swiatly

Samedi 17 octobre : Maison du peuple de Saint-Claude
Carte blanche à Fabienne Swiatly

Soirée :
Repas au café de la Maison du peuple (sur inscription) et vente de livres par la librairie Zadig.
Dans le lieu historique du mouvement coopératif de Saint-Claude géré aujourd'hui par l'association La fraternelle, FABIENNE SWIATLY, auteure en résidence à la Maison de la poésie de janvier à juin 2009, livre son texte inédit : Résider en (ville), accompagnée par deux musiciens : FREDERIC FOLMER et CLAUDE JORDAN.

 


Cédric Simon et Émilie Bobillot, comédiens

Dimanche 18 octobre : Saint-Claude
Lieux de l'initiative

Matinée :

Bibliothèque municipale
Visite de l'exposition sonore et visuelle Jusqu'où la ville (Saint-Claude), ateliers d'écriture conduits dans les écoles par FABIENNE SWIATLY.


Catherine Cretin, comédienne


Muriel Racine, comédienne

Maison du peuple
Au choix :

a. Visite de la Maison du peuple commentée par ROGER BERGERET (historien), avec des lectures de PHILIPPE VASSET (Un livre blanc, Fayard 2007). Sur réservation 4 € (gratuit pour les adhérents de Saute-frontière et de La fraternelle).

b. Visite de la Maison du peuple commentée par ALAIN MELO (archiviste), avec des lectures de JEROME MEIZOZ (Jours rouges - Editions d'en bas 2003). Sur réservation 4 € (gratuit pour les adhérents de Saute-frontière et de La fraternelle).

c. Lectures bilingues dans Saint-Claude par ALBERTO NESSI (La semaine prochaine, peut-être, Zoé 2009, traduit de l'italien par ANNE CUNEO) par la comédienne CATHERINE CRETIN et l'auteur.

 

Marché couvert de la Grenette :

 

Buffet Champêtre (sur réservation)

Après-midi
Création sonore Jusqu'où la ville (Saint-Claude)
Final polyphonique du projet d'éducation artistique mis en œuvre par Saute-frontière avec FABIENNE SWIATLY.
Deux musiciens franco-genevois : FREDERIC FOLMER et CLAUDE JORDAN conçoivent cet événement poétique avec les jeunes des ateliers d'écriture et voix, accompagnés par deux comédiens : CEDRIC SIMON et EMILIE BOBILLOT.

                                                     

                                                     

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Septième édition des Pérégrinations dans la montagne jurassienne
Ecriture en dialogue
De coppet (Suisse)au pays des lacs (France) du 9 au 12 octobre 2008
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Extrait du Journal foulé aux pieds de Joel Bastard

Lecture par Caroline Sagot Duvauroux lors de la soirée du vendredi 10 octobre au cinéma Paradisio de Chaux du Dombief.

Le diaporama des Pérégrinations 2008

 

Un mètre carré, et l'univers !
on part et on se laisse aller
et on rapporte quelque chose
Charles Albert Cingria

Coppet, jeudi 9 octobre 2008
en partenariat avec
le Forum européen de Coppet

Pays et paysages de Charles-Albert Cingria

Etre attentifs à ce qui est là.
Avec l'association Forum européen de Coppet, Doris Jakubec déroule le fil rouge qui relie Charles Albert Cingria à Nicolas Bouvier, voyageur ouvert au monde auquel la Suisse rend hommage en 2008. L' essai inachevé de Nicolas Bouvier « Charles Albert Cingria en roue libre » nous incite durant quatre jours à suivre les chemins de vent et de mots. Le voyage, c'est l'art de circuler, d'aller et venir tout en observant le proche comme s'il était neuf et inconnu.

En soirée : « Nicolas Bouvier et Charles Albert Cingria »Conférence dans les caves du château de Coppet par Doris Jakubec professeur honoraire de l'Université de Lausanne

En après-midi : Lecture-promenade par quatre comédiens-élèves de la Manufacture,Haute Ecole de Théâtre de Suisse romande : Lucie Rausis, Cédric Simon, Ludovic Payet, Emilie Bobillot

   

Divonne-les-Bains,
vendredi 10 octobre 2008
à l'Esplanade du Lac

Chantiers et écrits d'artistes

 

Des frontières faites pour être traversées

Stimulés par l'univers sensoriel de Cingria tel que révélé par Nicolas Bouvier, peintres et poètes expérimentent sous nos yeux, la création d'un livre d'artiste en dialogue. Deux chantiers menés simultanément les conduisent, en compagnie des éditeurs présents, à éclairer notre questionnement : saisir comment chacune des voix se pose, puis se révèle à l'autre. Qu'en est-il aujourd'hui des pratiques d'écriture engagé par des plasticiens ? Pour y répondre : conférence de Hervé Laurent (enseignant à la HEAD - Genève) accompagnée de Stéphanie Pfister, artiste.

Alexandre Friederich en tandem
avec Pascale Favre(Suisse)
autour des éditions Art et fiction(Lausanne)
Caroline Sagot Duvauroux en tandem
avec Pierre-Yves Freund (France) autour des éditions Les ennemis de Paterne Berrichon(Crest)

 

 

 
Chaux-du-Dombief,
vendredi 10 octobre en soirée

Journal foulé aux pieds

A la manière de Cingria furetant avec son vélo, Joël Bastard habite le Pays des lacs et le révèle dans son « Journal foulé aux pieds» : Le pays est dans la maison d’à côté. Le pays est dans la bouche d’à côté. Au fond de la combe d’à côté. Au fond du lac d’à côté. Le pays est à côté. Nous sommes en marche vers lui et nous nous racontons des histoires que d’autres reprendront après nous. Ils les adapteront, les transformeront, tentant encore et encore de saisir le pays d’à côté.
Cette présence au monde, il la partage dans l'écriture avec Mary-Laure Zoss et Emmanuelle Pagano. Ensemble, au cinéma « Paradiso », ils creusent les mots comme on creuse la terre pour en extraire CE QUI RESTE.

Joël Bastard, Emmanuelle Pagano, Mary Laure Zoss.
Textes lus par Caroline Sagot Duvauroux.
Soirée animée par Muriel Zeender (Fribourg/ Suisse)

 

Les quatre lacs,
samedi 11 octobre
en journée
en partenariat avec l'association Entre parenthèse
randonnées conduite par les gens du pays


Chemins en poésie

Invitation à sortir, marcher, tourner le coin de la maison, ouvrir les yeux et les oreilles.
L'Eolienne, la Fromagerie, le Château de l'Aigle, Le Belvédère des Quatre-lacs le Grand Maclu et le Petit Maclu, les îles, la Motte d'Ilay, le Prieuré Saint-Vincent, le Saut Girard, la Frasnée, etc ... de simples promenades, pour se perdre et s'émerveiller !
En connivence avec charles Albert Cingria, nous inventons en marchant une conversation nourrie de la diversité des voix du monde.
Au cours de la journée, les participants ont rencontré deux duos auteurs/ plasticiens ou auteurs/auteurs ou auteur/comédien

 

 

 


Joël Bastard
a lu « Notes de Cinquétral »de Joël Leick
Murielle Racine (comédienne)
a lu « Surtout lorsque je ne suis pas là »
poème de Joël Bastard
Mary Laure Zoss
a lu « Les adolescents troglodytes » de
Emmanuelle Pagano
Emmanuelle Pagano
a lu « Le noir du ciel » de
M.L. Zoss

Caroline Sagot Duvauroux

ont lu « Neige »

Pierre-Yves Freund

Alexandre Friederich,
ont lu« Histoire de ma
Pascale Favre
montre casio »

 

 

 

Salle communale du Frasnois,
samedi 11 octobre en soirée

L'oeil de Syam


Creuser le visible par une approche détournée
Automne 2007, un titre et une série de photos de Joël Leick aux Forges de Syam auquel Pierre Bergounioux répond par deux grandes pages de texte manuscrit.
Hiver 2007, à partir de cette correspondance, les Editions Fata Morgana imaginent un livre d'artiste en dialogue : L'oeil de Syam
Automne 2008 : la fermeture prochaine des Forges de Syam et l'absence pour raison de santé de Joël Leick, n'ont pas permis la performance artistique annoncée. Sur la feuille restée blanche, le texte de Pierre Bergounioux porté par la voix de Caroline Sagot Duvauroux, celles de Joël Bastard et Joël Vernet, celle de Charles Albert Cingria transmise par les jeunes comédiens-élèves de la Manufacture, celle de Jacques Moulin, ont tout naturellement appelé la présentation sur écran de l'oeuvre picturale : Un choux si beau, imaginée par Charles Belle et filmée par François Royet

 

 

 

Lac de Bonlieu, dimanche 12 octobre
en matinée, actions poétiques in situ :
Ondes en résonance
Accomplir le périple, le mener à bien et l'inscrire dans la mémoire collective

  Cabane du Maguenay

Alexandre Friederich/ Pascale Favre
Les traces d'une Chartreuse du XIIème siècle enchâssée dans un cirque rocheux, un pays d'eau et de légendes, une file de petits bonshommes se hissant jusqu'à la cabane du Maguenay pour convoquer les histoires et épingler sur les murs les souvenirs,

 

 

Belvédère de la Ronde

Caroline Sagot Duvauroux/ Pierre-Yves Freund une conversation poétique à « bâtons rompus » au belvédère de la Ronde avec les participants du chantier d'été

 

 

   
À midi, repas champêtre organisé par la commune de Bonlieu
et vente de livre par la librairie Zadig(Saint-Claude)

 

« un monde, comme une partition polyphonique que chacun apprend à lire, à chanter, à vivre, et, ce faisant, la dévoile et l'accomplit ».
Charles Albert Cingria

 

 

   

En après-midi , création sonore polyphonique : « Carnets de bords des enfants du Pays des lacs et de la Vallée de Joux »

Les comédiens-élèves de la Manufacture,
une dizaine d' enfants de l' école primaire de Chaux-du-Dombief
une dizaine de jeunes du Collège de la Vallée de Joux
accompagnés de leurs enseignantes

Frédéric Folmer et Claude Jordan, musiciens franco-genevois.

 

 

 

 

 

A la surface de l'eau, une barque dérive. Les percussions des flûtes font écho au souffle des voix. A l'appel du monde et de la vie que lancent de tous les bords les enfants, n'entendons-nous pas répondre le coeur de l'être d'où jaillit l'écriture


Livre d'or des Pérégrinations 2008

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Le froid, la pluie et le brouillard s’acharnent en vain à engloutir les souvenirs lumineux des pérégrinations. Ils sont là, bien vivants. Le cinéma Paradiso et ses effluves poussiéreuses que les lectures auront tôt fait d’oublier, le gîte où régnait une joyeuse ambiance d’écolières en vadrouille, les balades autour et au-dessus des lacs dans un paysage tout en nuances, couleurs et reflets, où les lectures trouvaient tout naturellement des « âmes » à la fois attentives et recueillies, les jeunes comédiens rythmant les textes d’un Cingria exalté qui sans eux nous eût rebuté, un peintre qui vous balance un chou en jets de peinture sur une toile immense – voilà qui change le regard, la perception.
La Chaux, de ces villages que l’on traverse en bâillant nous a révélé ses richesses. Emus par les textes des enfants assemblés et exposés avec art dans cette petite bibliothèque accueillante, nous découvrions aussi l’énergie et le rayonnement des habitants qui animent les lieux. Leur présence, leur accueil sont emblématiques des pérégrinations : un partage, un échange foisonnant. La traditionnelle fête du dimanche en est le point culminant. Les textes reflétant les lieux que nous avons arpentés, scandés sur un tissu musical et rythmique, nous immergent définitivement dans les entrailles du paysage pour nous livrer un moment d’harmonie et de communion rares.
Merci à Marion de tisser tous ces liens, de mener avec énergie ces randonneurs rêveurs … égarés ou subjugués !

Elisabeth


Bonjour à vous, et aux auteurs, supporters de ces merveilleuses journées de sauteurs de frontières: que l'on soit auteurs ices, acteurs ices, amateurs ices d'écriture c'est mon cas.
Juste vous dire que j'ai adoré les samedi et dimanche des pérégrinations 08 : j'aime la magie de ces journées hors tout, sauf de l'humain. On est dans l'humain justement, au coeur de la nature et cette année particulièrement je l'ai ressentie très fortement comme élément rassembleur. J'ai vécu trois très belles rencontres : celle d'avec Caroline Sagot
Duvauroux (et de son compagnon, lesquels que je ne manquerai pas d'aller voir quand je passerai par Crest d'entente avec eux) d'avec un pérégrin celle enfin d'avec le peintre Charles Belle dont finalement je n'ai réussi à me rendre sur le lieu de sa dernière expo à la galerie Bruno Mary à Besanceuil/Bonnay près de Tournus.

La finale avec les enfants, les comédiens et les deux musiciens (dont Claude Jordan qui est un ami et collègue), la magie de ce moment me reste aussi et me donnent envie de pouvoir revivre un morceau de l'automne 09 sous cet angle dont je vous remercie et félicite .

A bientôt donc et bon courage pour la mise sur pieds de la suite de cette merveilleuse aventure.humaine !

Dominique Schusselé


J'ai très bien vécu l'aventure des pérégrinations, j'ai eu beaucoup de plaisir à rencontrer - enfin! Emmanuelle et Joël autrement que par mails, à découvrir les textes de Caroline et son talent de lectrice - elle m'a vraiment impressionnée, depuis je suis plongée dans un de ses livres...
Beaucoup de plaisir aussi à revoir D. Jakubec.

Et quelques rencontres avec des "marcheurs" ou des "petits-déjeuneurs" ...

J'ai bien aimé la soirée de samedi, le film sur la peinture du chou, un moment fort... J'ai vraiment admiré la prestation Cingria des jeunes comédiens, brillants ces 4!

J'ai eu le coup de foudre pour cette région des lacs, il faut dire que la lumière était somptueuse..
Je suis passée au retour voir les Forges de Syam, avec un pincement de coeur en découvrant placardé l'avis de fermeture... Cet endroit est vraiment fascinant, j'avais déjà lu et adoré le texte de Bergounioux...

Mary-Laure Zoss, auteure


"Expérience de la rencontre.
Une rencontre est toujours pluriel. Les pérégrinations étant foyer de rencontres, le pluriel y est donc à l'honneur: rencontre entre auteur et public, entre lecteur (dans mon cas) et public, entre public et public et toutes combinaisons possibles et imaginables. Rencontre humaine donc mais aussi découverte (qui est la plus belle des rencontres): découverte de langue, d'écriture, de lieux, de paysage, de saveur, d'odeur, de musique, de sons, d'images, de couleur, d'idée, de temporalité. Rencontres pleines et agitées où les sens font sens. C'est justement la rencontre qu'aucune société, qu'aucune dictature ne nous ôtera jamais, il n'y a que cela qui se renouvelle sans cesse, que cela qui nous renouvelle sans cesse. Renouvelons-nous encore et encore.

Cédric Simon, comédien

 

Nous marchons dans les couleurs au bord du lac d’Ilay, les couleurs sont partout autour de nous jusqu’en haut du pic de l’Aigle , jusqu’au fond des lacs, leur reflet vibre.
Et, dans cette marche, les poètes parlent et la poésie toute chaude sort de leur bouche.
Joël Bastard : « les oiseaux ne chantent pas, ils parlent, qu’est-ce qu’ils disent ? Les glaces des lacs non plus ne chantent pas, à nous de trouver ce qu’elles disent.
A Clairvaux-les-Lacs, dans l’HLM de la mairie, les horreurs de la banlieue parisienne sont venues me retrouver, quand j’ai fermé le store à enrouleur, elles m’ont sauté au visage et elles criaient dans la nuit. »

Moi, je repense à ma résidence en 2005, on croit trouver un territoire autre et on se trouve violemment soi-même, on rentre de force dans son territoire mental, on est dans la solitude de l’écrivain. Comment parle le paysage à l’écrivain enclos en son sein ? L’écrivain guette les bruits et les mots de ce territoire-là, de ce monde-là et, dans son guet, dans sa vacuité, c’est son enfance palpitante qui remonte et l’appelle, ses paroles d’enfance, ses paysages d’enfance.

Et là, sur le chemin du belvédère, c’est la voix de Caroline Sagot-Duvoroux qui parle en poésie :
« Le poème, c’est une enfance toujours. Et moi, les pieds dans la boue glaiseuse, je suis une petite bête vaillante. Les morceaux de texte laissés dans la forêt sont des pelures de pensés, protégés par les racines des arbres comme les mots sont protégés par leurs racines, le texte s’est momifié.
Le nom se vend, on signe du concept, ici, c’est l’inverse, le nom est rendu au commun, dans le cahier du monde. Il n’y a pas de participe futur en français sauf un, l’aventure, l’ailleurs devient ici. »
Et quand Marion insiste auprès de Caroline pour nous livrer la suite de cette aventure par son texte imaginé à partir des écrits d'une douzaine de personnes dans la continuité du chantier mené avec Pierre-Yves Freund « A bâtons rompus » en juin dernier, elle se défend l’écrivain, avec ses armes de mots, elle dit :
« L’aventure n’est pas terminée, rien n’achève, le verbe tragique d’exister signifie se déplacer, sortir de. Je ne peux pas conclure l’affaire d’ailleurs et de demain »
Et je dis à Marion qui souhaiterait que le texte soit dit, « C’est comme au yoga tu veux que le mouvement soit abouti ? » Et je dis à Joël qui, rêveur, fouisse la terre avec sa cane : « Tu cherches la morille d’or ?»
Ainsi vont les pérégrins échangeant des grains de mots, des graines d’aventures et on ne veut pas que ça s’arrête. Rien n’achève.

Maryse Vuillermet, auteure

"Sans les livres je n'aurais jamais voyagé, sans les voyages je n'aurais jamais écrit" Nicolas Bouvier
Sans Saute-Frontière je n'aurais jamais découvert le Jura dans toute sa splendeur automnale, ce Jura où écrivains et musiciens nous ont ouvert les portes vers d'autres voyage et d'autres rêves.
Sans ces voyages et ces rêves, je n'aurais jamais pu écrire pour dire combien d'année en année j'attends les Pérégrinations,où se cotoient connus et inconnus, où l'expérience de l'an dernier fait place à une nouveauté qui nous prend au coeur et aux tripes.
Merci à tous ceux qui ont oeuvré pour que tout se déroule bien. A l'année prochaine.

Françoise Robert

Nous avons beaucoup apprécié ces pérégrinations dans le cadre somptueux du Jura automnal. Nous avons également beaucoup apprécié la gentillesse et la disponibilité des organisateurs.
Cordialement

Catherine Bert et Mark Furness

 

Rencontre

J’ai de l’ancienneté dans les Pérégrinations, et il me prend l’envie de nommer l’expérience, évolutive, à chaque fois différente, que j’en fais dans la succession des années. Cette fois-ci, je les placerai sous le signe de la rencontre.
Des rencontres, j’en ai fait en plus grand nombre qu’aucune autre année de personnes auxquelles j’aimerais dire ma reconnaissance et mon admiration. Et pour en dire la variété, en voici trois qui en représentent beaucoup d’autres.
Il y a François Royet, qui m’a montré avec force à quel point le documentaire est une œuvre d’art. Alors même qu’il fait mine de s’effacer devant la matière, l’image, la couleur, l’art des autres, c’est le sien, dans la mise en forme de la durée, des rythmes, des formats, des proportions, dans l’invention d’un scénario narratif avec ses points forts événementiels, ses suspens et leurs résolutions, qui éclate à mes yeux. Tout cela à la pointe des ciseaux virtuels à la table de montage...
Il y a Caroline Sagot-Duvauroux et sa pensée perpétuellement tendue, grésillant comme une ligne à haute tension, ses mots tournés et retournés, cisaillés et écartelés entre l’expérience des sens et l’élaboration cérébrale – elle m’a donné le désir d’y occuper un petit strapontin, de me saisir de l’un ou l’autre de ses textes et de réunir l’énergie mentale qu’il faut pour en suivre le mouvement jusqu’au bout.
Il y a Doris Jakubec qui m’a montré un visage peu usuel dans le monde de la « critique », une approche aussi peu intrusive, aussi peu impérialiste que possible de l’œuvre, sans la prétention de tout expliquer, ni celle de jeter sur les textes les rets d’une théorisation qu’on sent souvent émaner des préoccupations propres au critique lui-même. Face à Cingria et Bouvier, elle nous a fait assister à l’exercice d’une écoute délicate, d’une intelligence dictée par l’amitié.
Les rencontres font vivre, elles existent, mais elles ne sont, dans la vie courante, pas légion. C’est dire, pour moi, l’importance des moments où elles se concentrent.

Irène Kruse

 

J’ai retrouvé cette trêve de la vie que me procure les pérégrinations. La douceur de la poésie qui agit sur moi comme un baume même si parfois elle me bouscule intellectuellement. Son effet est bénéfique par le recul qu’elle induit dans la réflexion. Non seulement son esthétique sonore est comme un chant doux aux oreilles mais, à travers la métaphore, elle nous décrit si bien la beauté du monde et facilite un peu sa compréhension. Je plains ceux qui n’y ont pas accès, qui n’ont pas parcouru le chemin pour y accéder.

J’ai été touché par la réserve et la simplicité de Marie-Laure Zoss et je suis curieux de la lire.

Je redécouvre où plutôt je découvre la poésie de Joël Bastard car comme je lui ai dit le jour du départ : « aux pérégrinations 2007, j’entendais mais j’écoutais mal, cette année j’écoutais mieux et je t’ai entendu !»

Une nouvelle rencontre: Denise Mützenberg avec qui l’échange continue sur Internet et notamment en répondant à sa souscription pour mon plaisir et pour que vive la poèsie et les petits éditeurs de talents et de conviction.

Sur le plan pratique, je pense que le programme important ne permet pas la flânerie et il faut être en éveil pour suivre le rythme. Cela ne me dérange pas mais je l’ai mieux perçu avec l’arrivée de mes amis et de Laure qui ont du rapidement se mettre dans l’ambiance !

Sur le plan poétique, Je garde l’image d’une barque entrant dans mon chant visuel avec à son bord un flûtiste et son drôle d’instrument, glissant sur l’onde endormie, derrière une haie d’enfants dont les chants et les voix simulaient le vent les agitant.

Gilles Buisson

 

 

Livre d'or des Pérégrinations 2007

Diaporama des Pérégrinations 2007

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Aujourd’hui, j’émerge tout ébaudi des pérégrinations !
Avec un épiderme psychologique trop mince, Je suis mal protégé contre les intempéries émotives. Mais lorsque l’orage de poésie vient abreuver un (assoiffé passionné), même si il fait déborder les sentiments par tous les pores, il n’est plus que bien-être, jubilation et presque jouissance !
Je sais que la métaphore est pauvre et que tu pourrais penser que je prétends, selon l’adage populaire déformé ‘’poêter plus haut que mon cul’’ ! Mais tu auras compris que grisé par ces jours de poésie j’ai quelques excuses dans cette espèce d’indécence à jouer au poète.
Restons sérieux !
Que de sensations, que d’échanges riches et apaisants aux cours des flâneries pédestres.
_Djenny Caplat et son naturel (pas de téléphone portable, pas d’ordinateur donc pas d’internet, chauffage au bois qu’elle coupe elle-même dans sa maison solitaire des Bouchoux). Elle représente l’humain débarassé de sa ‘’crasse consommatrice’’.
_Elisabeth l’interprète qui comprend si bien qu’une profession puisse être desséchante selon son expression et compatit à des épreuves morales qu’Elle a, Elle aussi, ressenties. Imbéciles que je suis avec un a priori négatif sur la neutralité des suisses et leur argent sale ! Petit français qui a tendance à donner des leçons ! A ce propos ce n’est pas pour rien que notre emblème est le coq, le seul animal qui chante haut et fort les pattes dans la ‘’merde’’.
_Jean le photographe, dont je remarquai la souplesse, la discrétion, la douceur sous la masse de la puissance et qui me transmet en quelques pas un peu de son érudition en photographie d’art.
-Le trop bref mais impressionnant dialogue avec Martin de la Soudière me livrant quelques précisions sur l’ethnologie. Sur mon questionnement, Il m’apprend que Vincent la Soudière, poète pessimiste disparu par sa volonté, est son frère. Sur son indication J’ai les coordonnées de l’éditeur de son œuvre unique parue ‘’Chroniques antérieures’’ que je vais me procurer. Sur internet, j’ai pu accéder à un extrait de ‘’Au bonheur des saisons’’ de Martin.
Il me faudrait encore beaucoup de pages pour parler de tout, en effet trop à dire sur les auteurs présents. Leur simplicité, leur talent, leur convivialité etc…
Mais il y a, pour moi, l’évènement de ces pérégrinations qui à lui seule m’endette auprès de toi, c’est la découverte de Philippe Jaccotet. Avec lui je me hisse encore plus haut sur les pentes vertigineuses de la poésie. C’est la découverte de ces textes qui me restera le plus durablement de ces pérégrinations.
J’ai oublié de te parler de ce moment très émouvant lorsque Christophe Jasseron nous a dit un poème en Russe de Marina Tsvetaïeva au cours d’une marche et mon étonnement à l’écoute de son poème sur l’odeur de la neige.
Je voudrais te parler de tout mais c’est impossible, trop de sensations et comme le dit si bien Irène Kruse que je ne connais pas : ‘’Que le monde serait pauvre s’il était tout entier contenu dans mes mots’’
Je ne peux pas terminer sans te dire mon enthousiasme pour les musiciens. Tu sais peut-être que je suis un mélomane passionné et j’ai été stupéfait par leur prestation et leur création.
Voilà rapidement mes impressions exprimées emphatiquement, j’en conviens mais on ne se refait pas. Je suis un passionné !
Mes plus sincères et affectueuses amitiés.

Gilles Buisson


Nous avions une fois, il y a plus de vingt ans, c'était en mars, lorsque tout est gris, glauque, que le ciel touche la terre, que les stations sont désertes, que les hôtels fermés, je disais donc, nous avions atteri un soir de pluie à Foncine-le Haut. Par hasard, par dépit, par nécessité. On nous avait ouvert un hôtel rien que pour nous, nous avions mangé dans un resto au bord d'une rivière ! Et nous étions reparti le lendemain en nous jurant que nous ne reviendrions plus dans cet endroit sinistre et désolant. Et cette année, nous inscrivant aux pérégrinations, nous avions le sentiment que... Foncine-le Haut, ça nous disait quelque chose ! Et bien quel bonheur ! Nous voilà, non seulement réconciliés avec cette région, mais tellement séduits que deux semaines plus tard nous refaisions une virée dans le coin et avons été visité à nouveau la villa paladienne, les Planchettes, les gorges de la Langouettes etc....
Pour répondre à quelques unes de tes questions Marion, alors oui nous trouvons la thématique des carnets parfaite pour des pérégrinations (n'en sont-ils pas?) et le virage vers la prose poétique...je suis poète. A propos de Jaccottet, nous l'avons moins perçu que Walser par exemple. Pourquoi ? Nous avons trouvé sympa que des groupes parfois se rejoingnent, bénéficiant ainsi de deux auteurs !
Merci à la librairie qui nous a permis de pérégriner encore pendant quelques semaines aves les auteurs, de les découvrir, de les appéricier, de les faire découvrir.
Et surtout merci à toi. Le polyphonique porté par les comédiens et les musiciens fut un immense moment et c'est avec beaucoup d'émotion que nous sommes repartis . Quant à la logistique générale Bravo ! tu nous as encore épaté. Quelle foi et quelle énergie au service de projets magnifiques ! Nous réservons déjà pour 2008 !

Claude et Françoise

 

Pérégrinations 2007
Pas perdus au fond des bois, yeux fermés, écoutent le chant des mots au bord de l’eau.
Bastard, Tâche, Vernet, trois auteurs, trois poètes, trois portes pour nous inviter à la magie des mots et de leur musique.
Je suis bercée, parfois secouée, toujours questionnée.
L’expérience est encore une fois riche, variée et j’explore.
Quelle est notre place dans ce vaste monde, quel enjeu, quelle conscience ?
Mais avec quelle douceur je me noie dans le flot des feuilles, des mots et de la chaleur des rayons du soleil.
Entre rêve et réalité, je vaque en quête du chemin qui s’allonge sous mes pas.
Le chemin est infini, le présent est là.
Les enfants me le prouvent dès le lendemain.
Je partage l’émotion, la joie et la beauté du cœur, je salue les textes lus, soutenus en musique et je les aime.
La sixième édition des pérégrinations m’étonne encore : la poésie, les notes de musique des carnets, les lieux proches et merveilleux s’approchent, se rapprochent, m’entourent, m’imprègnent. Je me rends, je m’y rends. ..À l’année prochaine !

Françoise Petitgonnet

 

Je jette toujours un regard neuf sur ce que tu nous concoctes année après année. Chaque fois il me semble que l'on a atteint le sommet et chaque fois tu nous emmènes vers d'autres émotions, vers d'autres sources ou les mots coulent limpides, à la rencontre de nouveaux auteurs, donc des horizons inconnus.
Merci de semer des petits cailloux blanc sur mon chemin littéraire si étroit. S'il te plait, continue à nous enchanter et à nous faire découvrir cette nature si belle.

Françoise Robert

 

Je prends le temps du site et le temps du blog, je fouille, je farfouille, je vous retrouve, les auteurs, les participants, les comédiens. et vous aussi les chemins, les maisons, les passages.
Instants croqués qui rapelllent ceux qui sont évanouis, qui les confortent et les effacent à la fois.
Un carnet entre nous et pour ceux qui ne connaissent pas encore le projet, un carnet vert tendre, un carnet si compliqué à faire vivre, une vraie mine d'or, un carnet à ouvrir sans modération, à envoyer à ses amis, à lire et à écrire, à sauter les frontières !!!!

Catherine Serre

 

Quelques commentaires en vue du bilan:
D'abord, de belles rencontres avec Joël Vernet, de belles retrouvailles avec les comédiens, Joël Bastard, les fidèles, Françoise et Michel, Patricia, Mireille, Sophie...l'impression de revenir comme dans une famille, de participre à un rituel d'automne familier et toujours différent. Dans le détail:
Paysages et sites magnifiques, gorges de la langouette, combes, villa palladienne...
Virage vers la prose poétique, oui, mais attention à la difficulté des textes ai entendu plusieurs fois le vendredi soir et le samedi en journée, on en comprend pas, c'est un peu difficile pouur nous, bien réfléchir au public viséthématique des carntes oui, elle convient bien à la marche, aux résidences...
présence des auteurs en chantier en amont; oui, bien
vendredi soir soirée au gite, agréable, textes de P. A Tache, une découverte
samedi magnifique: promenades et textes de JM OLivier,poique-nique dans la belle maiosn de Foncine bien accueillis par le proprio, lectures de Joël Bastard , puis de Jacottet, moins en relation j'ai trouvé, pas senti que c'était l'écrivain phare
samedi soir raté, lectures de Tchache beaucoup trop longue, on a perdu le rythme et le sens, les autres lectures n'ont pas rattrapé; domage
dimache matin: bien
midi, lectures au verger; très bien
polyphonique magistral, une formule à tenir, à retenir absolument, on tient là l'âme des pérégrinations
relation avec les bénévoles chaleureuses , discussions dans les ballades sympas, proprio du gîte super
conclusion, une bonne édition.

Maryse Vuillermet

 

Livre d’or 2005
Témoignages des intervenants et participants
de la quatrième édition des Pérégrinations :
Confluence entre Jura et Rhône

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En ce qui concerne l'idée d'un réseau de recherche sur le transfrontalier,
je pense que c'est un bon thème et une bonne idée.
Si il s'agit d'un réseau de chercheurs avec des rencontres et éventuellement
l'organisation conjointe de journées d'étude ou de colloques, cela peut m'intéresser,
si il s'agit de la mise en œuvre de recherches comparatives, je ne peux sérieusement
m'engager avant de savoir si des membres de mon labo (notamment les chercheurs sur
contrat et les étudiants post-doc.) seraient partants.
En raison de mes voyages successifs, je n'ai pas encore revu Martin de la Soudière,
mais je sais par une collègue qu'il est revenu enchanté.
J'ai moi-aussi beaucoup aimé ces rencontres, intelligentes, sensibles, variées, peu
académiques et vraiment très sympathiques.
Bravo pour tout cela. j'espère sincèrement que vous trouverez le moyen de continuer
d'une façon ou d'une autre.
Amitiés.

Nicole Lapierre
Directrice de recherche au CNRS
CETSAH
Centre d'Études Transdisciplinaires, Sociologie,
Anthropologie, Histoire (CETSAH)
EHESS - CNRS
22 rue d'Athènes, 75009 Paris
lapierre@ehess.fr

 

Martin de la Soudière
Glanes jurassiennes


Prenez des paysages : ceux d'une moyenne montagne, le Jura, partagée entre deux pays. Et là, des lieux, c'est-à-dire des précipités d'événements qui s'y déroulent, s'y inscrivent, mieux, qui se nourrissent mutuellement. Une mairie, sa terrasse inondée du soleil de septembre. Une autre mairie, au bord d'un fleuve puissant, imposant déjà, coulant au fond d'une ample mais raide vallée tapissée d'arbres. Une tente berbère (africaine en tout cas) installée à 1200 mètres d'altitude. Des tipis. Un lieu de mémoire en pleine montagne, avec plaques et monuments commémoratifs. Et puis, des sentiers-pélerins, des combes, des crêts, des sapinières, des pâturages comme semés de gentianes jaunes, des murets en pierres sèches. Le tout s'achevant, à la manière d'un feu d'artifice, par des lectures de plein vent adressées tout autant aux montagnes qu'aux spectateurs disséminés dans une combe.

Voilà pour le décor. L'ambiance. Le principal mérite de ces quatre journées fut de nous
permettre, le temps de ces rencontres, à défaut d'abolir, au moins d'adoucir frontières et
barrières : entre les disciplines, entre les genres, entre les gens, entre Jurassiens et non
Jurassiens. Les sciences humaines y donnèrent la main à la littérature et, réciproquement, poésie et roman entourèrent et prolongèrent le dit des sociologues, historiens et géographes. Et la Tour de Babel tint bon, chacun rapportant dans son panier de quoi, plus tard, pouvoir encore mêler les genres.

Mais, puisqu'il me faut donner le ton de ces rencontres (une expérience un peu similaire
se déroule chaque saison en Lozère, sous le joli nom de "parleries" de l'Aubrac), je tirerai
juste un fil. Celui du cairn, amer, repère, mur sans cesse interrompu, aléatoire, sans cesse
reconstruit ou amélioré, rehaussé au gré du passant qui, rusant ainsi avec le territoire, plus que simple usager du lieu, en est l'acteur, et pas le seul, mais un acteur parmi tant d'autres. Anonyme, modeste. Mes cairns, je vous les livre : ce sont des mots, les mots le plus souvent entendus lors de ces rencontres.

Voici donc nos mots-mana, nos mots de ralliement, que, pour faire sens, je ferai suivre e leurs antonymes. Ailleurs (ici). Au-delà du pays (centralité). Créolisation (intégrisme
culturel). Confluence (divergence). Combe (crêt). Décentrement (recentrement). Décollement (gravité, pesanteur). Interface (cloisonnement). Limites, marges (centre). Nomadisme, mobilité (sédentarité, immobilisme). Obliquement (frontalement). Ponts, portes (verrous, barrières). Passeur (garde-frontière). Perméabilité (étanchéité). Ce qui relie (ce qui sépare). Ralentir (accélérer). Transitions (délimitations). Voie (impasse).

Merci.

Martin de la Soudière – chercheur au CNRS - CETSAH

 


Je n'ai malheureusement pas pu te faire part de mon témoignage plus tôt.
J'espère qu'il n'est pas trop tard.

Voici donc la contribution que je te propose :

Tout d'abord, je réitère mes remerciements pour avoir proposer à Bernard
Roux et moi-même de venir présenter notre ouvrage dans le cadre du forum
public.

J'ai beaucoup apprécié la diversité et la qualité des interventions.
La capacité de l'équipe organisatrice à pouvoir mobiliser une telle
variété de personnalités et de points de vue a fortement contribué à la
richesse et l'originalité des échanges. Cela a permis, dans la sérenité
et le respect, de mettre en exergue, par plusieurs biais, certaines
réalités liées au contexte binational qui concernent le massif
jurassien. Outre qu'elle m'ont permis de mesurer mon degré d'ignorance
sur la question, ces journées ont été pour moi des "facteurs de sens".

Dans une période davantage propice au monisme, au repli sur soi et à la
morosité, cette initiative qui encourage notamment la découverte et la
confrontation de points de vue m'apparaît salutaire.

En attirant mon attention sur la question de la frontière de cette
manière, ce forum m'a rappelé que la culture - en tant qu'élément qui
fait intervenir l'imaginaire et la sensibilité et favorise la
découverte et la familiarisation d'univers différents - est trop souvent
abordée de manière marginale ou alors évacuée dans les projets de
développement local en milieu rural.

Les entrées littéraires et universitaires qui nous étaient proposées -
bien qu'elles puissent apparaître trop intellectuelles, ou accessoires,
pour les esprits chagrins qui leur préfèrent le "concret" et le "réel" -
ont rappelés que l'imaginaire et l'immatériel sont aussi essentiels à la
construction d'une identité territoriale que la connaissance. Cela ne
minore par le rôle de la littérature dans les échanges culturels et
commerciaux entre Suisse et Franche-Comté.

J'ai la faiblesse de croire que le Forum public organisé par Marion et
Stéphanie peut être un vecteur important du développement de relations
franco-suisses différentes, en tant qu'instrument de l'imaginaire, en
tant que projet fédérateur et fondateur autour de l'imaginaire
franco-suisse.

 

Arnaud Deborne – intervenant forum à propos de l’ouvrage
co-signé avec Bernard Roux : « Quand le Jura s’éveillera »



Mille mercis pour ces deux jours d'échange et de découverte. Des vacances.
La dégustation des vins était un vrai bonheur : la saison, le soleil, l’heure, le vin, la littérature, quelques personnes égarées entre les vignes. La séquence aurait pu s’éterniser.
Et Marius!

 

Hervé Loichemol – metteur en scène – intervenant forum public

 


je tenais à vous remercier de l'organisation de ce passionnant colloque. Je
n'ai hélas pas pu participer à la deuxième journée, car c'était jour de
piscine ce jour-là (j'ai un genou en rééducation suite à un accident et je
ne peux pour l'instant pas prendre le moindre risque).
Savez-vous si Nicole Lapierre compte publier des Actes ? Personnellement
j'ai écrit un texte et Alexandre aussi. Merci en avance de nous renseigner.

Bertrand Levy – Institut Européen de l’université de Genève –intervenant forum

 


Mes excuses pour mon départ à l'anglaise hier soir, mais vous étiez en
pleine conférence vigneronne et Laurent Tissot et moi-même n'avons pas
voulu vous déranger. Robert Belot vous aura transmis nos salutations,
je pense.
Merci en tous cas pour la journée, c'était sympathique. Je vous souhaite une bonne fin de
forum, cordialement

Alain Clavien, Université de Fribourg, intervenant forum

 


J'espérais qu'en laissant se décanter un peu mes impressions, j'arriverais plus facilement à dire l'essentiel. ce n'était pas exactement le bon plan, elles continuent de se bousculer et de renvoyer à une foule de souvenirs difficiles à réunir sous un même en-tête. Ah les difficultés de la rédaction!

Alors venons-en au plus pressé:

Ces pérégrinations répondaient manifestement à un besoin, ou plus précisément à des besoins. J'ai ressenti autour de moi un grand appétit, beaucoup d'ouverture, en même temps que des centres d'intérêt très divers parmi nous autres participants "passifs". Il y avait les pérégrins et les littéraires, les attachés au paysage régional et les inavertis qui découvraient des lieux tout proches, les avides de témoignages et de vécu et les personnes plus sensibles à l'écriture. Les échanges entre les uns et les autres, alimentés par une matière de qualité, étaient pour moi une expérience tout à fait inédite. Je
suis une habituée des conférences et des colloques, et aussi des soirées de théâtre et des lectures d'auteur, mais cette possibilité d'échange entre gens d'une grande diversité de motivations réunis autour un goût commun de la littérature n'existe vraiment nulle part ailleurs. Sans compter les échanges avec les auteurs, comédiens et musiciens qui me semblent être allés s'intensifiant d'une année à l'autre. Peut-être parce que les gens se connaissant mieux, la réserve des uns et la timidité des autres a fondu. A contrario, une intervenante, après une discussion plutôt longue sur un auteur, me demandait de but en blanc, lors d'une des éditions antérieures des pérégrinations: "mais au fait, qui sont ces gens qui viennent aux pérégrinations?" - eh bien, il me semble qu'elle a eu mille occasions de l'apprendre. C'est vrai, me suis-je dit, pour les auteurs aussi, leur public doit être parfois une grande inconnue.

En un mot comme en cent, il faut continuer! La formule du projet thématique est féconde parce qu'elle donne un axe fort qui concentre le propos et sollicite l'engagement. Son inconvénient, c'est que les projets bien conçus ont un aboutissement et une fin dans le temps! Une fois née cette culture du partage, ce serait trop bête de la laisser se dissiper plutôt que de l'enrichir de nouvelle matière, de la
mettre au service de thèmes nouveaux. Si votre souci est le nombre, il me semble qu'une plus grande diffusion de l'information sur votre activité en Suisse devrait draîner pas mal de monde. Le bouche à oreille est une bonne chose. Mais que font les institutions? J'avais découvert l'affiche pour les pérégrinations de 2002 lors du festival de la Bâtie, mais à Ferney. Cette année, je ne l'ai vue nulle part à Genève (j'ai pourtant de nouveau assisté à plusieurs spectacles du festival) - peut-être était-elle bien présente quelque part, mais pas de façon à s'imposer au regard, et c'est bien dommage!

Maintenant, en vrac, quelques impressions personnelles :
Elle était très belle, votre initiative de grouper des écritures autour du thème de la frontière prise au sens large, de pratiquer un régionalisme qui fait exploser ses horizons immédiats. Le fait d'avoir été jusqu'à accueillir des textes de langues étrangères en faisant entendre celles-ci et pas seulement la voix de la traduction me semble particulièrement généreux et avoir été un enrichissement pour tous. Le frioulan! La pratique du patois à un tel niveau (puisqu'après tout, même en Italie qui a une culture
plus régionaliste que la France, ce choix est une sérieuse gageure) a de quoi faire méditer. Peut-être que la poésie, dont les auteurs doivent de toute façon se résigner à un tirage et une distributition limitées, y gagne précisément en liberté. L'aboutissement logique de ce beau choix, cela a été votre finale polyphonique: sur un motif régional, entendre résonner les voix d'une bonne moitié de l'Europe, cela a vraiment été très émouvant.

J'ai aussi été très sensible à la présence de textes consacrés d'une littérature un peu plus ancienne durant les éditions antérieures des pérégrinations. Là aussi, il y a un risque à faire se côtoyer des textes qui viennent de voir le jour, d'auteurs parfois jeunes, avec l'évocation de l'exode de Claude Simon (je le prends à titre d'exemple), et il est émouvant de voir que ces textes nouveaux ne se délitent pas au contact de l'immense et écrasant ancêtre.

C'est le moment de rendre hommage aux comédiens qui savaient s'effacer pour se metre au services des textes et qui, pour les faire valoir de leur propre droit, ont banni tout effet de voix et de manche.

J'ai aussi trouvé intéressante, et pas toujours suffisamment appréciée, la pluralité des modes d'expression: l'exposition de la première édition, le projet vidéo de la troisième (j'ai raté la deuxième édition, j'en oublie donc certainement), l'insertion de moments de danse, et évidemment les musiciens, notamment de jazz, qui ont su, avec beaucoup de sensibilité, se mettre eux aussi au service des textes.

Et puis il y a les découvertes. Je me bornerai à la dernière édition des Pérégrinations, et j'en oublierai injustement beaucoup. Je me suis promis de rester attentive à ce que je pourrai lire de Marius Popescu, dont le goût de l'absurde et de la dérision modéré par une grande gentillesse m'a rappelé bien des voix venues des Balkans (j'espère que ce n'est pas faire outrage à un Roumain!), et de Philippe Fusaro, dont la finesse et la sensibilité m'ont touchée. J'ai été très frappée par les textes de Maryse Vuillermet dont j'ai par la suite lu les Mémoire d'immigrés valdotains. C'est vrai, comme beaucoup de gens le relevaient admirativement autour de moi, elle a une qualité d'écoute exceptionnelle dans la partie "documentaire" de son travail et on sent à tout moment qu'elle paie de sa personne par l'investissement partout sensible dans ses enquêtes. Mais ce qui me frappe particulièrement (et là j'ai eu une discussion houleuse avec une autre participante qui trouvait cet aspect absolument secondaire), c'est que, sur un arrière-fond de vogue des enquêtes de mémoire collective, des projets d'égo-histoire et d'autobiographie, la qualité des expérience et la beauté des sentiments ne suffisent pas à faire de la littérature. Maryse Vuillermet, elle, a une urgence du ton, un rythme, une concentration du propos, qui disent dans l'écriture son engagement existentiel. Dans des
entreprises d'apparence si documentaires, si proches du réel et du concret, ces qualités d'écriture me semblent ressortir de façon encore plus saillante et s'articuler sur son propos de façon à la fois moins évidente et plus efficace que, disons, s'il s'était agit d'une oeuvre de pure fiction ou d'un projet plus lyrique.

Et puis je me réjouis de la découverte de textes auxquels il m'aurait été difficile de ne pas
succomber, étant donné leur proximité avec l'esprit de la poésie de Jaccottet et les séductions prosodiques de l'italien. Je relis, depuis, le soir, l'un ou l'autre des poèmes du recueil de Fabio Pusterla, et je suis à chaque fois heureuse de l'avoir rencontré.

Comment se passer de tout cela, lorsqu'on y a pris goût? Je crois que nous attendons tous beaucoup de vous, Marion, et prions instamment les instances publiques et privées qui ont jusqu'ici soutenu votre entreprise de lui donner un caractère durable et de lui assurer les moyens de former dès l'année qui vient de nouveaux projets.

Pour ma part, je n'ai malheureusement pas énormément de talent pour les relations publiques, mais je serais très contente de faire ce que je peux pour contribuer à votre entreprise, si vous deviez en avoir besoin.

Irène Kruse
Interprète de conférence, chargée d'enseignement à l'Université de Genève


Christian Vallet
Président de l’association Champfromier 2000 - Accompagnateur du groupe


Nous étions un groupe de 14 randonneurs partis de Champfromier le samedi matin et dont 9 sont restés pour le repas et la soirée au Berbois.
J’ai recueilli quelques impressions de participants. Tout le monde était enchanté, même émerveillé par la journée passée. Le temps très beau rendant la journée agréable.
Après le départ à 9h30 à Noirecombe, le circuit a été effectué sur le parcours historique du chemin des Espagnols. Au passage, arrêt sur une ancienne verrerie (17eme –18eme ). Au Moulin de Magras, Nicole Perrier nous a expliqué que ce moulin-scierie appartenait à sa famille et qu’elle était née dans la ferme au-dessus (York) où elle avait vécu jusqu’à l’âge de 6 ans.
Arrivée à la ferme des Closettes à l’heure prévue
Un peu d’attente car un groupe est en lecture.
R epas puis écoute de textes. Très bonne prestation de la jeune et jolie comédienne.
Arrivée à 16h aux marquisats où il y a déjà un groupe en lecture.
installés dans la grange, philippe Fusaro et son collègue nous ont fait passer un moment d’un grand bonheur.
Retour au Berbois. Certains d’entre nous font un passage par le Crêt de chalam.
Pour tout le monde, le principe randonnée, écoute de lectures et musique est une formule très bien. Certains d’entre nous ont découvert les lieux et ont pu apprendre beaucoup sur un parcours riche d’histoire et d’anecdotes.
Apéritif sympa dans un cadre majestueux et instants magiques avec les textes de Marc Porcu et les notes de saxo.

Les comédiens ont fait vibrer les textes avec beaucoup de talent. Il y a eu communion d’émotions. Quelques uns ont regretté que le choix des textes ne soit pas en rapport avec le cadre d’écoute. Nous faire connaître un boxeur italien aux marquisats a surpris quelques uns (texte de grande qualité néanmoins !).Il est vrai qu’aux marquisats, un texte de Giono ou Maryse Vuillermet aurait été idéal. Mais le but était aussi de découvrir des auteurs pour la plupart inconnus de nous. Objectif réussi.

La soirée a été superbe. Complètement subjugués par le texte de maryse Vuillermet (envie de lire ses livres) lus par des comédiens de grand talent. Bravo Catherine. Richesse des retranscriptions locales et informations intéressantes (Génissiat par exemple). Repas très bon.

Quelques bémols recueillis auprès de notre équipe :
« Accueil mitigé du maître des lieux qui pourrait simplement dire bonjour lorsque nous arrivons »
« Dure d’attendre 20 heures devant notre assiette pleine lorsque nous arrivons de randonnée »
« le froid du soir nous a gêné »
« dans un confort plus chaud nous aurions pu passer toute la nuit »
« nous n’avons pas pu rester jusqu’à la fin à cause de la froidure »
« il aurait fallu faire une présentation rapide des équipes de marcheurs car nous ne savions pas qui était qui et d’où ils venaient. Mettre en contact les gens de lieux différents. Présenter les comédiens et auteurs.»
« prévoir pour les auditeurs des fiches de présentation des auteurs avec leurs livres »

Voilà donc un petit tour d’horizon pour te permettre d’analyser ces pérégrinations et de peaufiner les nouveaux projets.
Il y a donc énormément de positif et quelques petits points négatifs qui sont quand même insignifiants.
Chacun a parlé au retour d’une journée merveilleuse avec des moments d’une grand intensité émotionnelle.

 

 

J’ai été très contente du week-end. J’ai beaucoup aimé la formule du vendredi soir ;
arrivée un peu en « retard », je me suis retrouvée baignée dans une ambiance convivi
et très chaleureuse, ravie de retrouver tous pleins de gens et puis… les lectures sous les
tipis c’était super avec le côté confidentiel et intime lié à la découverte de l’auteur.
Du reste le samedi aurait été intéressant aussi si cette formule avait été adoptée. Parl
dans un micro à 100 personnes ce n’est évidemment pas la même chose à 20 sous un
tipi !… mais matériellement aussi beaucoup plus délicat à manier comte tenu du nomb
assis là.
Quant à la formule du dimanche après-midi j’ai aussi beaucoup apprécié le travail de
polyphonies sonores et le « mixage » des textes, des langues, des rythmes et des
hauteurs du son. C’étaient comme de successions d’enveloppes sonores qui allaient et
venaient : près, loin, fort, doux, rapide, lent. La diversité des langues du coup rendait
bien compte de l’idée de la confluence, du rassemblement et de l’être ensemble.
L’épisode Popescu et « son esclandre » fut tout simplement et naturellement gérée.
J’ai quant à moi, au rythme de la marche, rencontré des auteurs et des comédiens trè
sympas .
Alors, je souhaiterais bien de nouvelles pérégrinations. C’est toujours nouveau même
la formule de base reste la même.
Si je devais comparer avec l’année précédente, je dirais que cette année, le week-end
plus diversifié, en partie avec la performance du dimanche.

Mireille Paire – Lyon
Psychologue et plasticienne

 

Pour dire la magie des pérégrinations, il faudrait être poète et savoir inventer, comme Marius, une fleur faite d’hommes et de femmes pour l’offrir à Maryse au risque de se faire engueuler ! Il faudrait avoir les mots de Marc et le rythme de Leonardo, il faudrait savoir dire l’échange et le partage, l’odeur de la fumée du cigare offert par Georges sur le Crêt de Chalames – après l’effort, le réconfort –, le goût du jus d’orange et des madeleines partagés avec François dans le soleil, face au Mont-Blanc, il faudrait savoir dire l’arôme du vin du Jura dont on abuse un peu avec Alberto, Georges et Vincent – je suis galant, je ne dénonce pas les filles –, il faudrait savoir dire aussi la saveur des conversations avec Louis quand nous flânons, au grand dam de Marion qui voit le
groupe s’éloigner de nous et disparaître dans le premier virage, il faudrait savoir dire les yeux qui se mouillent à la lecture du texte de Marc et de Louis à la Borne au Lion, les larmes de Delphine que je vois à travers les miennes et qu’on n’avouera que le lendemain au milieu des chevaux, dans les notes du saxo de Philippe, il faudrait savoir dire comment on voyage en Afrique avec Joël, alors qu’on est bien là en plein cœur du Jura, il faudrait savoir dire le regard bleu de Stéphanie, - « ça va ? – oui ça va bien. »

Il faudrait pouvoir dire toutes ces émotions qui traversent le corps et l’âme, mais les mots se bousculent, alors on se tait et sur l’écran de la nuit défilent les visages, le cœur un peu serré on se prend à parler tout seul

-« on s’écrira, on essaiera de dire un peu de la magie de cette humanité qui est beaucoup plus belle quand elle se laisse porter par les mots des poètes ».

Gilbert Chagrot
Le Zig Magazine
Pontarlier

 

A Marius

Marius a fait le voyage
depuis la Roumanie
pour conduire des bus
en Suisse
et offrir à Maryse
une belle fleur
faite de femmes
et d’hommes
de différents pays
Marius a fait le voyage
depuis la Roumanie
pour lâcher en riant
des poules trubliones
au beau milieu des stades
et se moquer des coqs
dressés sur leurs ergots
Marius a fait le voyage
depuis la Roumanie
pour semer sur la route
des petits grains de mots
comme autant de poèmes
qui font rire et pleurer
Marius a fait le voyage
depuis la Roumanie
pour gommer les frontières
qui ferment les pays
et durcissent les cœurs
Marius a fait le voyage
depuis la Roumanie
pour écouter
pour regarder
et puis soudain parler
pour casser la coquille
qui enferme les cœurs
et ça
Marius qui a fait le voyage
depuis la Roumanie
sait que c’est plus difficile
que de conduire un bus
alors tout à coup il se tait
dans ses yeux tristes
on voit passer des ombres.

Gilbert Chagrot

 

Une chaleureuse pensée suisse vole vers vous par confluence, évitant de nouveau nos
frontières...qui ne semble que créations et illusions humaines¨

Bien que de retour en milieu citadin (presque vilain), mon esprit reste suspendu en haut du crêt de chalam et des montagnes jurassiennes, et mon corps semble encore reposé dans les habitats nomades. Je me remémore ces fabuleux "mots mis en nature" par quelques troubadours littéraires, et rêve encore de cette folie polyphonique qui aurait pu durer éternellement, tellement elle nous faisais imaginer d'autres horizons oniriques.

Merci à vous pour ces pérégrinations littéraires loin de toutes frontières.

Un pérégrin.

PS : comme jamais rien n'est parfait...et dans un soucis d'équité je vous fait par de minimes doléances : les marches "moyennes" un tantinet trop difficile, les discussions incessantes de quelques personnes pendant les lectures du samedi soir et les repas végétariens un peu légers.

Salut Marion,
A peine remise, mais tellement heureuse. Je ne saurai jamais assez te remercier pour cette aventure tous azimuts. Je reviens quand tu veux où tu veux.

Maryse Vuillermet
Auteur en résidence 2005

 

Bravo à vous , cette soirée au Berbois fut un moment fort.
Que dire? ...
.....Continuez.

Françoise Cottet-Emard - IDEN Haute-Saône

 

 

D'abord bravo pour la quatrième édition des pérégrination très bien réussie mais version plus simple et sans trop de surprises cette fois ci.

Une très belle palette d'auteurs avec nous, c'est toujours une grande joie de les rencontrer et de découvrir avec eux leur textes émouvants, poétiques ou surprenants.
Comme je l'ai déjà dit à Marion, j'ai trouvé la soirée du vendredi très réussie, lectures sous tipi super et repas sympa et convivial dans ce merveilleux site du Berbois avec ambiance tipi_nature_lumière du soir....

Belle balade le samedi avec accompagnateur épatant (le maire des Bouchoux) mais la soirée du samedi un peu longue et statique pour nous les convives. Dommage du peu d'échanges avec les comédiens et auteurs ou plutôt manque d'interactivité ( mise en scène plus vivante dans l'espace comme au Longeville Mont D'Or en 2003 ou pause
musicale plus attrayante comme à Goumois ).

Bravo pour l'organisation, les gîtes, les repas, les lieux, les textes de Maryse et les autres, les comédiens et nous avons envie de poursuivre que ce soit des randonnées lectures d'un jour (sans les grandes infrastuctures) ou du week-end dans les mêmes sites avec les mêmes lectures en utilisant et "exploitant" les comédiens sans travail préalable (peut être rentabiliser tout le travail fait).

J'ai envie de vous dire, continuez maintenant que la mayonnaise a pris et que c'est devenu plus familier pour nous. Quelque soit la forme, nous sommes dépaysés et loin de notre quotidien tout en rêvant dans nos pensées nourries par d'autres qui ont la forme et le fond pour nous aider à nous évader.

C'est un monde inépuisable à transmettre celui dont nous avons eu un bel échantillon et de fil en aiguille, les textes s'ouvrent, se forment et nous touchent. Merci et tous mes encouragements, car il en faut...

Bien à vous deux, les magiciennes en herbe et en alpage!!!

Françoise et Michel Petitgonnet
Présidente de saute-frontière - Enseignante à la Vallée de Joux (Suisse)

 

 

J'ai eu plaisir à revoir mes camarades comédiens et à faire quelques rencontres littéraires et humaines sur ces beaux pâturages. Ca s'est bien terminé?J'espère qu'il y aura une suite à tout cela les prochaines années . Je serais très heureux d'avoir le disque .
A bientôt, j'espère.

Jean-Michel Meyer
Metteur en onde RSR Espace 2

 

Un festival d'éclairs a salué la fin de ces pérégrinations et le déluge de la soirée soulignait la chance climatique qui les a favorisées.
Je vous remercie encore de l’ opportunité qui m'a été offerte de découvrir des auteurs nouveaux habitant temporairement ces lieux familiers, mais aussi d'avoir pu contribuer à faire découvrir ces lieux aux personnes sympathiques et réceptives qui m'accompagnaient.
Toutes mes félicitations, vous souhaitant un peu de détente après ce point culminant et restant attentif aux prochains projets.

Philippe Laurent, accompagnateur, Maire des Bouchoux

 

Bonjour,
retour à Strasbourg après un très bon week-end d'écoutes, de marche et de rencontres...
J'ai passé de très bons instants, trouvé les auteurs et aussi les comédiens très disponibles.

Philippe

Laurent était un guide intéressant avec ses connaissances des lieux et du paysage.
Merci à vous et bon "après" pérégrinations...

Bénédicte Gros
Artiste peintre

 

Bonjour,

Une réponse courte, pas de photos .
Tant d'images , tant d'émotions surtout quand les héros de ces histoires de vie collectées
sont là heureux d'être ce jour de lectures, reconnus pour leurs existences souvent
modestes mais combien marquantes en Jura.
Et nous sommes invités à partager les plaisirs, les peines des auteurs, des comédiens qui
nous transportent dans bien des mondes si mal connus.
J'ai eu l'impression d'être une princesse à qui était offert un menu prodigieux .
Merci à tous ceux qui ont participé à cette réalisation pendant 4 ans; et la durée assure
aussi un impact sur la sensibilisation à l'histoire , à la diversité culturelle de la région.
Que de tels brassages puissent durer !

Madeleine Desmazières – Alès (Gard) bibliothécaire

 


j'ai passé trois jours intéressants avec de très belles rencontres et les échanges avec les écrivains suisses étaient passionnants ( Cristen par exemple ). j'ai été pris de court hier, lorsque tu m'as parlé de mon fichier, alors comme je suis aussi franc que toi, je vais te répondre aujourd'hui, c'est vrai que je ne l'ai pas fait jouer à fond, mais il faut savoir que tout d'abord durant plusieurs mois je n'ai pas été comme on dit rassuré par la solidité du programme et de l'organisation, quand je donne ma parole c'est acquis, par contre quand il y a trop de contre ordre ( commande de textes et finance... ) sur six mois, je laisse couler et j'attends ( et du coup je recherche ou j'accepte d'autres propositions ). et puis tu comprends bien que l'auteur lorsqu'il est invité, ne peut pas s'occuper de son propre financement pour écrire ce qu'on lui commande ! ou alors il faut annoncer la couleur tout de suite et l'auteur accepte ou pas ( dans mon cas ce sont mes seuls
revenus ). Ensuite après réflexions, sont venus tout de même des gens de Lajoux et du pays de gex...voilà, en tous cas, au berbois et sur les chemins, c'était vraiment bien.

 

Joël bastard - auteur

 

 

O.K, je vais joindre le formulaire de l’AdS. Fr. 150.-, c'est peu, puisque l'AdS rajoute au maximum 250.- Fr par lecture. Donc Fr. 400.- pour une intervention le vendredi, et trois interventions le dimanche. Au vu du temps consacré à cela, cela me paraît vraiment mal payé. Maintenant, pour moi, c'est complètement égal, puisque je ne vis pas de ma plume. C'est pourquoi je n'ai même pas demandé ce que vous offriez, mais je m'inquiète un peu pour des auteurs qui en auraient besoin pour vivre. Moi, j'ai eu énormément de plaisir à être là et à partager des poèmes et m'échanger avec d'autres poètes et lecteurs. J'ai découvert un / des lieux magnifiques et des gens très impliqués dans un beau projet. Merci beaucoup pour tout, et à une prochaine, j'espère.
Amitiés

Beat Cristen, auteur intervenant

 


Encore merci pour les belles journées jurassiennes, pour la sympathie
et l'accueil (un merci particulier à Christine)

Fabio Pusterla

 

 

Je voudrais vous dire tout le plaisir que j'ai eu à vivre les 4 jours de "Pensons ailleurs" parmi vous et tous vos invités.
Nous avons pu nous enrichir par les mots, les échanges, les promenades, et les livres que nous avons rapportés.
Nous allons suivre attentivement les comptes-rendus illustrés que vous allez probablement charger dans votre site.
Est-il possible, en particulier, d'avoir l'adresse électronique de Maryse Vuillermet que j'aimerais contacter pour lui dire personnellement tout le plaisir que j'ai ressenti à lire son livre biographique ?
Amitiés chaleureuses à Miette et Louis. Et bien entendu à vous également.

Maryse MARCHAND

.

 

Oui bien rentré et fatigué ! heureux et/ou malheureux ne me semble pas être forcément les termes appropriés en ce qui concerne ce long WE, j'aurais plutôt tendance à avoir envie de parler d'intensité et, de ce côté-là, j'ai eu l'impression d'avoir été très gâté cette année :
- que ce soit collectivement avec la soirée de Maryse Vuillermet où l'émotion était palpable et communicative (pour moi, un des plus beaux, si ce n'est le plus beau, de 2003, 2004 et 2005 !!!),
- des textes troublants et des avis très riches (lors du forum où la proximité des auteurs,
géographes, éditeurs et intervenants divers témoignaient de la vie très forte qui agite le monde de l'édition des 2 côtés de la frontière),
- tenter de gérer (pour ma part dans une très moindre mesure par rapport à toi et Stéphanie) quelqu'un de très attachant, d'absolument horripilant et sans limite aucune pour ne pas dire "borderline" (je ne donnerai pas de nom !!!!! ooooooooooooooooooooooooool) (au fait, sais-tu s'il est bien rentré ??? j'ai voulu lui téléphoner mais pas encore fait),
- en vrac des auteurs : attachant, à la curiosité gourmande, rugueux, charnel et j'en passe...
- une découverte musicale stimulante et inattendu par le proprio du Berbois !!!
- un final polyphonique où les idées de départ (excellente !!!) se sont heurtées à un espace trop vaste pour être appréhendé et concentrer l'attention.
Par rapport à la question que tu as posée samedi au sommet du crêt de Chalam pour les balades et l'environnement, ma préférence va à l'édition 2003 pour la variété, la diversité des paysages (ainsi que la qualité des accompagnateurs).
Pour l'organisation, rien à dire (à part l'absence regrettable de Bruno Ladet dont vous n'étiez absolument pas responsables)... si ce n'est que vous avez largement mérité vos vacances !!!!!
Chapeau pour le choix du Berbois ! (d'ailleurs je vais sûrement y revenir cet hiver pour faire de la raquette ou buller !).
Bon le plus important pour la fin, je sais que c'est banal et que vous l'avez sûrement entendu (et lu) maintes fois, mais un grand merci pour votre gentillesse et votre dévouement à toutes les 2 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
A très bientôt !!!!

Vincent


Bonjour Marion,

J'ai beaucoup aimé l'ensemble du week-end, la présence des auteurs, la convivialité,
la qualité des textes et des comédiens, l'organisation, le final très beau, la soirée de
Maryse très émouvante. Vous avez dû beaucoup travaillé pour cela et cela vaut le
coup ! Il faut donc continuer ! Tu continues seule ?
Où part Stéphanie ?
Bises

Delphine

 



Oublie mes frais de déplacements. Cette expérience a été si riche et si belle à tous
égards que je n'ai pas même imaginé te demander quoique ce soit de cet ordre-là. Je te
remercie du fond du coeur pour tout ce que tu as donné avec tant de générosité dans
cette aventure. Et j'espère que tes prochains projets recevront et l'argent et l'estime
qu'ils méritent.

Daniel Vouillamoz, comédien

 

Quelques impressions d'après pérégrinations, cette cuvée 2005 fort différente de la précédente que j'avais trouvée plus forte en terme "d'évènement artistique et culturel", la poésie du voyage en bateau, des danseuses dans la forêt, etc. Cette année aucune surprise de ce type, peut-être pour des raisons financières, mais du coup, j'ai trouvé qu'il y avait un recentrage très pertinent sur les textes et les auteurs qui personnellement m'a
beaucoup intéressé. J'ai beaucoup apprécié les inédits, de grande qualité, et la présence des auteurs, même ceux qui se sont défilés le lendemain! évidemment les lectures par les comédiens révèlent magnifiquement la beauté des textes, c'est une dimension qu'il faut garder absolument! Sinon, bravo pour l'organisation des balades, merci à Marion d'avoir compensé "au pied levé" l'absence de Bruno...côté repas si ce n'était pas
exceptionnel, c'était correct, mais bon, pourquoi ne pas se centrer sur les spécialités régionales qui ne manquent pas dans le coin? plutôt qu'un semblant de couscous? Et puis je crois que tout a été dit sur le prix du vin. Par contre le gîte et l'accueil par Christophe, impec. Nous n'avons pas pu, à cause de la longueur du trajet jusqu'à
Strasbourg, rester pour le final, dommage. Je vous prépare un petit texte "inédit" mais patience, il n'est pas terminé. Merci en tous les cas à Stéphanie et Marion pour leur efficacité et leur énorme boulot.

Claudine, psychologue à Strasbourg

 

 

Un mois déjà et les livres que nous avons rapportés sont épars dans la maison, presque tous lus.
Quelle belle moisson cette année !!!
Au fil du temps, de ces quatre automnes, les découvertes, les rencontres, les émotions se sont entremêlées pour nous inventer un voyage presque imaginaire, recomposés de morceaux de nuits et de jours qui ne se succèdent pas, de conversations qui d'interruption en reprise semblent n'en former qu'une.
Les Rousses sous le brouillard ont failli nous décourager, et lorsque vers minuit nous avons réveillés des habitants qui dormaient devant leur télévision, les volets heureusement ouverts, nous nous demandions si le gîte de la Combes des Cives existait vraiment. Au petit matin dans un tuyer le texte de Noëlle Revaz finit de nous réveiller, nous le savions pour sûr : nous en étions, nous en serions.
Profondément pessimiste pour moi-même, aucun des petits bas ne m'ont gênée, partie intégrante d'un moment hors du commun dont la perfection aurait été suspecte, mais tous les grands hauts m'ont renforcée, la médiation autour de la littérature est un outil d'éducation et de liberté sans égal.
Souvent, trop souvent je ne connaissais pas les auteurs invités ou lus, j'en ressentais les deux premières années une légère gène, je n'avais pas cette culture dont je me targuais pourtant, ou que l'on me reprochait parfois.
Puis j'ai accepté, l'ignorance est là pour donner sens, il n'y a découverte que de ce que l'on ignore, de ce qui n'est pas encore devenu votre routine, votre monde intérieur. J'acceptais les paysages nouveaux, j'osais dire que le Jura était terre inconnue, j'avouais l'attachement que les pérégrinations faisait naître, alors j'ai accepté de reconnaître mes lacunes, j'ai dit mon ignorance. Elle est devenue vivifiante, constructive et enrichissante, ceux qui savent aiment transmettre, donnent les clefs qu'ils ont construites avec labeur, heureux de partager, venu pour ça, enrichi de vos questions et de votre intérêt.
C'est avec un peu de peine que je termine de vous parler ce matin, les émotions des textes entendus me remplissent la mémoire, les voix s'y superposent, les musiques s'y mêlent et il m'est difficile en vous quittant d'interrompre mes pensées pour retourner vers le monde des choses.

Merci à ceux qui ont pensé et réalisé cet itinéraire sans pareil.

Catherine Serre

 

A 82 ans, et pour la quatrième année, j’ai pérégriné le long de l’Arc Jurassien : la frontière franco- suisse, par des sentiers escarpés, dans les combes encore vertes qui s’allongent entre les rochers, à travers les forêts de sapins, de foyards, de frênes, sous le ciel aussi bleu que celui du Sud, dans la douceur d’automne de ce pays qui est beau et émouvant : espace, harmonie, sérénité…
J’ai écouté les comédiens, la voix des poètes, magiciens des mots.
Etions-nous en France ? Etions-nous en Suisse ? C’est quoi la frontière ?
Dans les vignes, devant un verre de vin de pays, sous les tipis, le soir, autour d’un feu de bois, le long des chemins, dans la forêt, dans les fermes, aujourd’hui vides mais toujours chaleureuses, à la Borne au Lion encore vibrante d’Histoire, le soir, sous la tente berbère du Berbois… j’entendais la voix du Monde, la voix d’ici qui est la mienne et me bouleverse toujours, la voix d’ailleurs, qui est l’autre, et qui est la même…
J’étais bien. Je regardais autour de moi tous ces visages heureux, ces pérégrins gagnés aussi par la sérénité, un vrai « compagnonnage » là, maintenant, autour des mots. Je me disais, que la paix, ça ne devrait pas être si difficile…
Utopie ?
M ais dans la chaleur de ces pérégrinations littéraires, il me venait un fol espoir….

Yvonne Millet.

 

Les Pérégrinations, c’est la dégustation des mots par des gourmets pour des gourmets
C’est aussi de la gourmandise
Les Pérégrinations ce sont les rencontres, les sourires, les verres bus ensemble, les repas partagés,
les chansons, les engueulades, les doutes, les enchantements, le verbe en mouvement
Les Pérégrinations ce sont les nuits courtes, le froid parfois, le soleil souvent
Les Pérégrinations, ce sont ces files de petits bonshommes et bonnes femmes dans la nature qui
ont rendez-vous avec les poètes
Les Pérégrinations c’est la curiosité de l’autre
Les Pérégrinations c’est de l’étonnement
Les Pérégrinations, c’est le total respect et la solidarité
C’est un monde, un état d’esprit, une reconnaissance
Les Pérégrinations, c’est une communauté d’âmes
Les Pérégrinations, c’est la résistance en marche

Catherine Cretin, Comédienne

 

J'ai eu des échos très favorables de vos pérégrinations 2005 -
je tiens à vous le dire - et sachez donc que nos "difficultés
relationnelles" ne portent pas sur un doute quant à la qualité de votre
manifestation. Je vous félicite donc sans aucune réserve pour la pertinence
littéraire de cette réalisation, et cela m'amène à regretter d'autant plus
de n'avoir pu y participer.

Dominique Bondu, directeur du CRLFC

 



C'était ma première participation aux Pérégrinations et, dès mon retour, j'ai pensé t'écrire pour te remercier et témoigner de mon soutien à ce projet, et puis le temps....
C'est donc avec un peu de retard mais non moins d'enthousiasme que je te livre ces quelques pensées.
Si je devais résumer en un mot l'impression que m'ont laissé ces journées je dirais : une évidence, comme quelque chose qui va de soi.
D'un côté les mots, les textes et de l'autre le cadre : les, lieux, la nature, les participants et tout le contenu de ces trois jours.
Une évidence que d'offrir aux mots cet écrin tissé de cette matière même qui leur a donné naissance : le silence infini et la solitude de la nature, le cheminement, l'effort, la durée, la convivialité, l'échange.
Une évidence aussi en raison de la fluidité de l'organisation - et on mesure le travail réalisé en amont.S'il y a eu des petits accrocs (y-en a t'il eu ?) des moments, des auteurs (sur le moment) plus ou moins apréciés au bout du compte, seule l'impression d'ensemble demeure : un tout cohérent auquel chaque élément prend pleinement part comme des opinions différentes créent l'intérêt d'une discussion.
En ce qui concerne ta question sur la participation des auteurs et des comédiens : Celle des auteurs me semble vraiment indispensable, je dirais même fondatrice. Ainsi le texte, l'écrit redevient tout simplement une parole donnée par quelqu'un, de sa propre voix, à d'autres. La diction des comédiens était - forcément - plus distanciée, jouée. Certes les lectures à deux voix sont plus vivantes qu'un monologue, leur présence est-elle indispensable ? C'est à voir. Par contre, dans la soirée consacrée à Maryse Vuillermet dont l'aspect scénique était déjà élaboré, elle m'a semblé prendre tout son sens.

Merci et bravo à Stéphanie et à toi. Si le manque de temps et la distance m'empêchent de te proposer mes services de manière substantielle ce n'est pas par manque d'intéret.
Mais, à l'occasion, si je peux apporter une quelconque contribution à cette entreprise n'hésite pas à me le demander.
J'espère être des votres une prochaine fois.

Marion Fourquier
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